MARTIN BERTRAND

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Le corps, premier outil du photoreporter

S’écouter, avant tout

Le photojournalisme est un métier qui exige. Il exige du temps, de l’énergie, une présence constante, une attention sans faille. On y donne tout, parfois au point de s’oublier. Pourtant, . Écouter son corps, ses limites, ses besoins. Savoir quand il est temps de dormir, de se reposer, de faire une pause. Ce n’est pas une faiblesse, mais une nécessité.

Dans ce métier, on a souvent la tête dans le guidon. On est emporté par la passion, par l’urgence de l’instant, par l’envie de tout capturer, de tout raconter. Mais à force de ne jamais s’arrêter, on finit par s’épuiser, par se brûler. . Pourtant, prendre du recul, faire le vide, permet de reconsidérer ses idées, sa manière de travailler. C’est dans ces moments de pause que naissent parfois les meilleures inspirations, les angles les plus pertinents.


Le sport, une discipline de l’endurance

Au-delà de l’écoute, il y a l’entretien. Le corps est un outil, et comme tout outil, il se doit d’être entretenu. . Pas seulement pour la santé, mais pour la pratique même du métier.

Sur le terrain, la condition physique fait la différence. Une pratique cardio (course à pied, vélo, natation…) renforce l’endurance. Elle permet de tenir plus longtemps, de rester concentré sur l’essentiel : le travail, la photographie, le récit. Quand le corps est en forme, il ne subit plus l’effort, il l’absorbe. On n’est plus distrait par la fatigue, on est présent, pleinement.

Et puis, il y a cette dimension presque philosophique avec la pratique sportive : . Le sport, surtout quand il est exigeant, rend combatif. Il apprend à persévérer, à ne pas lâcher. Or, le photojournalisme, surtout sur des terrains complexes, demande cette même combativité. . Elle se mérite. Elle exige de se donner, de donner de soi. Être en forme, c’est se donner les moyens de la chercher, de la saisir, sans que le corps ne devienne un frein.

Les arts martiaux, une école de sérénité

On peut pousser plus loin encore. La pratique des arts martiaux, du self-défense, ou des sports de combat, apporte une dimension supplémentaire : la sérénité. Pas seulement parce qu’elle permet de se défendre même si, sur le terrain, savoir réagir face à une agression potentielle est un atout. Mais surtout parce qu’elle enseigne le calme.

Quand on a l’habitude de gérer des situations de tension, quand on a appris à garder son sang-froid sous la pression, on aborde le quotidien du photoreporter différemment. . À continuer de réfléchir, même quand tout semble s’emballer. À ne pas céder à la panique, mais à agir avec précision.

C’est une leçon précieuse. Sur le terrain, la tension est souvent palpable. Que ce soit dans des contextes de guerre, de manifestations, ou simplement dans l’urgence d’un reportage, . Cela permet de mieux observer, de mieux anticiper, de mieux capturer l’instant décisif.

La photographie sous-marine, une autre frontière

Je pourrais pousser le raisonnement encore plus loin, et j’y reviendrai dans un prochain article, en évoquant . Pour l’exercer, j’ai dû me former à la plongée, en bouteille comme en apnée. Une nouvelle discipline sportive, un nouvel apprentissage, une autre façon de repousser ses limites.

Si le corps est notre premier allié, il est aussi une porte ouverte vers de nouvelles explorations, de nouveaux défis. Et c’est peut-être là que réside la beauté de ce métier : il ne cesse de nous pousser à nous dépasser, physiquement comme mentalement.

En conclusion

Le photojournalisme est . Prendre soin de l’un, c’est préserver l’autre. Écouter ses limites, s’entraîner, se préparer, ce n’est pas du temps perdu, c’est un investissement. Un investissement pour durer, pour tenir la distance, pour être là, présent, quand l’image se présente.

. Et si le corps est fatigué, l’image le sera aussi. Alors, prenons-en soin. Pour nous, pour notre travail, pour les histoires que nous avons à raconter.

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